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Mercredi, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de la Ville de Grenoble demandant l’évacuation du camp Esmonin, justifiant sa décision par l’absence d’un arrêté d’expulsion pris par le maire de Grenoble, et contestant par la même occasion le caractère d’urgence évoqué par la municipalité.

J’ai été maire de Grenoble pendant 19 ans. J’ai toujours pris mes responsabilités, surtout face à des situations humainement complexes. Aujourd’hui, je demande à la municipalité d’en faire de même.

Dans ce domaine particulièrement sensible, le maire se doit de travailler en bonne intelligence avec les services de l’Etat, et en premier lieu avec la Préfecture, comme j’ai eu l’occasion de le faire tout au long de mes mandats avec des gouvernements de sensibilités différentes.

Gouverner, c’est choisir, c’est agir. La jeu politicien ne mène nulle part, et ne fait qu’accroître les difficultés rencontrées par les riverains comme par les occupants du camp, obligés de vivre dans des conditions indignes. Elle ne fait que renforcer les tensions entre les personnes, alors que la mission des élus consiste au contraire à les apaiser.

Aujourd’hui, le maire de Grenoble ne doit plus nier la réalité : il est aussi responsable d’une situation devenue difficilement gérable. Au lieu de s’en remettre au Président de la République avec un art de l’esquive qui ne trompe personne, il doit s’atteler sérieusement à faire cesser ce drame humain qui entraîne chaque jour la souffrance de femmes, d’hommes et d’enfants.