Il est des voyages qui marquent une vie plus que d’autres. Mon escapade au Kilimanjaro en fait partie.

Ce n’était pas un objectif de haute montagne exceptionnel en soi. J’ai eu l’occasion de faire des ascensions beaucoup plus difficiles (Eiger, Meije, Cervin, Grandes Jorasses,..) ou plus élevées en altitude (en Himalaya ou dans les Andes).

Mais la rapidité avec laquelle la décision d’y aller fut prise et la réussite en tous points de ces journées fabuleuses passées en Tanzanie, en complicité avec mon fils Matthieu, resteront sûrement un des meilleurs souvenirs de ma vie.

Le Kilimanjaro culmine à 5895m. C’est le toit de l’Afrique situé entre Kenya et Tanzanie, mais en territoire tanzanien.

Le projet d’en faire l’ascension revient à Matthieu. Après avoir réussi ensemble les sommets des Alpes (Mont-Blanc), des Amériques (Aconcagua), du Japon (Fujiyama) et avant celui de l’Asie du Sud-est (Kinabalu), il fallait bien un jour programmer l’ascension du Kilimanjaro. L’opportunité s’est présentée à l’occasion d’une étape africaine de mon fils cadet dans un tour du monde professionnel particulièrement chargé.

Nous convenons de nous retrouver sur place, lui venant de Johannesburg et moi de Paris (un vol direct Amsterdam-Kilimanjaro facilitant grandement l’accès au parc national, gagné en moins de 2 heures en voiture).

Je décide, pour ma part, de ne pas brûler les étapes et de franchir les 4000m de dénivelé (de l’entrée du parc national au sommet) en 4 journées, histoire d’assurer une bonne acclimatation.

Matthieu, très contraint par son travail et victime de retards conséquents dans les vols d’acheminement a dû par contre effectuer la montée en seulement 2 étapes: d’abord de Marangu gate (1900m) à Kibo hut (4700m) d’une seule traite et en moins de 7h!, puis ensemble avec nos 2 guides, Frank et Abraham, l’étape du sommet de Kibo hut à Uhuru Peak (5895m), en passant par Gilman’s Point (5685m) et Stella Point (5756m).

Nous étions très heureux et même émus de nous retrouver ensemble en ce matin de début décembre sur le toit de l’Afrique, félicités par nos amis guides tanzaniens impressionnés par la performance de Matthieu et peut-être aussi un peu par l’âge de son père…

Cette montée dans un environnement très varié (forêt équatoriale, savane, sommet en forme de demi-cratère avec des pans de neige ciselés verticalement) restera gravée en nous.

La météo plutôt clémente en cette période de l’année qui n’était pas considérée comme la plus propice nous a permis de faire cette ascension dans les meilleures conditions, évitant en particulier la concurrence touristique.

Je me souviendrai également de la gentillesse, du dévouement et du professionnalisme de l’équipe de guides, de porteurs et de cuisinier qui nous ont accompagnés, sous la conduite du charismatique Frank Boniface.

Revenus dans la vallée finalement plus rapidement que prévu, il nous restait près de 2 jours pour un petit safari dans le Tarangire National Park, au milieu des éléphants, girafes, impalas, gnous, lions, léopards…et singes en tous genres.

Matthieu reprenait son avion pour Johannesburg et Singapour et je m’en retournais à Paris, la tête dans les étoiles.

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