On connaît la célèbre formule de Cicéron « on nait poète, on devient orateur ».

Le poète possède l’imagination d’un enfant et une perception immédiate du monde. Cette sensibilité naturelle ne s’apprend pas. Faute de disposition naturelle, même avec beaucoup de volonté et d’apprentissage, on ne deviendra pas un grand peintre ou un grand musicien.

Avec de la détermination et de l’entraînement, on est capable de maîtriser sa diction, et finalement de capter un auditoire, de le séduire voire de le convaincre par la parole. C’est l’aboutissement d’un chemin plus ou moins long selon les individus.

Devenir président ne se découvre pas à la naissance par des gènes divins. Cela relève d’une détermination constante et de concours de circonstances à saisir avec opportunité et talent.

Mais devenir un bon président demande une culture spécifique permettant d’appréhender les situations par une bonne connaissance des gens et des choses. Maîtriser l’histoire et la géographie de son pays et du monde, connaître la condition humaine, dans toutes ses facettes, dans toutes ses richesses et dans toutes ses épreuves, grâce à son éducation ou à son parcours de vie, public et privé. Concrètement.

On semble découvrir aujourd’hui que 40% des Français se sentent oubliés, laissés pour compte. Il aura fallu attendre que la France invisible soit devenue visible par la couleur d’un gilet pour comprendre qu’aucune famille, aucune association, aucune entreprise,  aucune collectivité ne peut survivre à terme sans respect de tous ses membres.
Le respect ne se réduit pas à la pratique de selfies pour marquer sa proximité avec « le peuple ». Elle passe par la fin de la verticalité et par la réconciliation avec les élus locaux, les associations, les syndicats, tous ces corps intermédiaires seuls à pouvoir agir au plus près du terrain.
La technocratie hors sol, même éclairée, n’est pas la démocratie, même si cette dernière n’est jamais parfaite.