Je me suis toujours méfié des raisonnements simplistes ou des clivages purement médiatiques qui ne permettent pas de comprendre la diversité et la complexité des situations, en France, en Europe et dans le monde.

Le Cercle réformiste et européen Inventer À Gauche que j’anime, s’est réuni dernièrement pour échanger sur la question européenne.
Avec Pascal Lamy, ancien Commissaire européen et ancien Directeur Général de l’OMC, nous avons tenté de cerner les sujets essentiels qui devraient être au cœur des prochaines élections européennes.

Les citoyens européens sont manifestement inquiets face aux « menaces » extérieures: Trump, Poutine, Chine, Iran…terrorisme.
Or, l’Europe est en fait beaucoup plus puissante qu’elle n’en a elle-même conscience. Et si Trump ou Poutine nous attaquent, ce n’est pas pas parce-que nous sommes faibles mais parce-qu’ils ne veulent pas d’une consolidation de notre puissance. A nous donc de mieux nous organiser pour définir un concept viable et utile dans le monde, de puissance politique, de pôle européen dans un monde compétitif (voire agressif).
La condition de ce destin européen mobilisateur réside déjà dans une convergence sociale, salariale et fiscale entre les pays membres, à l’instar de l’exemple réussi de la directive européenne sur les travailleurs détachés.
Et puis, dans le monde globalisé d’aujourd’hui, bien différent de celui rêvé des années 60, il convient de « réguler » la mondialisation dans le sens des intérêts et des valeurs de l’Europe.
La fermeture au monde par repli national ne réglerait aucun des grands problèmes contemporains, qu’ils soient économiques, financiers, sociaux, migratoires ou écologiques.
Il s’agit fondamentalement d’affirmer sur la scène internationale (États-Unis, Chine, Russie) une Europe puissance, complémentaire des souverainetés nationales, qui mette au cœur de son projet la notion de « biens publics » européens et de valeur ajoutée européenne (et non de transferts financiers).