A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, il me tenait à cœur de partager ici la tribune d’Alain Bergounioux parue sur le site telos-eu.com :

« La vertu, le bruit et la fureur… » – Alain Bergounioux – 15 avril 2017

Nous vivons un « moment Mélenchon » comme le disent les médias. Faut-il en être surpris ? Cela avait été, pourtant, déjà le cas en 2012 dans les dernières semaines de la campagne. Il est vrai, à un niveau moindre, 14-15 % des intentions de vote, avant un résultat final moindre. Mais le niveau, aujourd’hui, est plus haut, 18-19 %. Il crée une incertitude sur les qualifications au second tour.

On en voit les causes clairement. Pourquoi la France ne connaîtrait-elle pas les mêmes phénomènes qui se produisent, parallèlement dans les pays d’Europe du Sud, l’Espagne avec Podemos, l’Italie avec le mouvement « Cinq étoiles », la Grèce avec Syriza, le Portugal également ? Notre privilège, si l’on peut dire, est que nous éprouvons aussi une poussée forte de l’extrême droite. Il y a un terrain commun à tout cela, les fractures de nos sociétés, avec des inégalités trop fortes, sociales, culturelles, territoriales, avec des politiques qui ne paraissent pas avoir suffisamment de prise sur le réel et une colère contre la corruption, les « affaires », qui trahit un monde fait de connivences et de mépris de la loi commune. On ne dira jamais assez, de ce point de vue, le mal fait par François Fillon qui, par son attitude, a corroboré l’extrême défiance actuelle dans l’opinion vis-à-vis de la politique. La division des socialistes et leurs incertitudes, en France mais également en Espagne, a laissé place à une nouvelle offre politique, à gauche, qui reconstitue à gauche un néo-communisme, et crée un centre, avec le mouvement En Marche .

Jean-Luc Mélenchon n’est donc pas là par un concours de circonstances. Il est temps de considérer avec sérieux ce qu’il propose et ce qu’il représente. Cette préoccupation est un peu trop tardive. Car les cartes sont sur la table depuis longtemps. Le programme de la « France insoumise », L’avenir en commun, est disponible depuis la fin de l’année 2016. Les essais, théorisant son positionnement, L’Ere du Peuple, Le Hareng de Bismark, Qu’ils s’en aillent tous, etc. depuis plus longtemps. Et peu ont mené des critiques argumentées prenant la peine de lire les textes. Henri Weber a été bien seul, chez les socialistes, pour mener cette confrontation.

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