editoChaque mois, les abonnés à ma « Lettre d’info » reçoivent un résumé complet de mes activités, un point sur mon agenda à venir, et un édito où  je m’exprime sur l’actualité, sur les valeurs auxquelles je crois et sur mes vœux pour notre ville, notre territoire et notre pays.

Retrouvez, dans cet article, l’édito du mois d’octobre :

« Une force de direction constante, qui est à l’âme ce que la pesanteur est au corps, assure la cohésion du groupe en inclinant dans un même sens les volontés individuelles. » (Henri Bergson)

La constance et la cohésion, n’est-ce pas ce qui assure une crédibilité dans l’engagement public ? Inscrire son engagement dans le temps long, au service de valeurs et poussé par de fortes convictions, c’est accepter de lutter contre la dictature de la médiatisation et de l’immédiateté, c’est refuser de faire de la démocratie un exercice débridé où les plus rusés et les impudents pourraient peser de manière disproportionnée ou faire passer des intérêts particuliers devant l’intérêt général. C’est accepter enfin que la liberté ne puisse jamais être dissociée de l’exigence d’égalité et de fraternité.

En disant cela, comment ne pas penser une fois de plus à l’engagement de Michel Rocard, auquel nous rendions hommage le 15 septembre dernier lors d’un colloque à Paris ou bien, au sein de mon cercle de réflexion, par le biais d’un recueil de témoignages ? Ce sont des occasions précieuses de se rappeler à quel point la constance et la fidélité à des valeurs peuvent guider une vie entière : 70 années de tous les combats et d’engagements à presque toutes les responsabilités, 70 années d’une action inscrite dans le temps et dans l’espace. Certains diront qu’il n’a pourtant jamais été Président de la République… Oui, comme Jaurès et Mendès France. Sans accéder jamais à la plus haute des fonctions, ces grands hommes ont incarné une pensée, une histoire collective. Quel drôle de contraste lorsqu’on se hasarde à les comparer à ceux qui inondent l’actualité dans une bataille d’égos sans que chacun s’assure vraiment de représenter quelque chose qui le dépasse.

Pourtant, dans un monde et des temps toujours plus troublés, n’est-il pas essentiel que des hommes et des femmes écartent les velléités et rappellent que l’histoire et le monde ont un sens qu’il convient de connaître, de reconnaître, en faisant état de valeurs communes et de convictions fortes ?