Député de l'Isère

14e édition du Forum 4I

Jeudi dernier, j’étais invité de la 14ème édition du Forum 4i (innovation, industrie, investissement, international), qui s’est déroulée en présence d’Anne Houtmann, Chef de la Délégation permanente de la Commission européenne en France.

Pour introduire la journée intitulée « L’innovation au secours de l’industrie », j’ai souhaité rappeler l’importance de l’industrie et de l’innovation. Car l’industrie est aussi un moteur de l’innovation.

J’ai proposé cinq pistes et voies d’action pour l’innovation française. Voici les cinq thématiques avancées :

Le développement du nombre et de la taille des PME/ETI :

La France pâtit d’une faiblesse structurelle dans son tissu de PME industrielles. Ainsi, si le tissu industriel allemand – le fameux Mittelstand – représente 40 % des exportations du pays, et les PME et ETI (Entreprises de taille intermédiaires) italiennes comptent pour plus de 60 % des exportations italiennes, la part des exportations des mêmes PME et ETI en France s’élève seulement à 24 %.

Avant la crise économique internationale, la France comptait un peu moins de 5 000 ETI ; en 2011, elle n’en compte plus que 4 200, dont la moitié dans des secteurs non exportateurs. Autrement dit, la crise a aggravé la situation déjà préoccupante du tissu productif français.

En France, seules nos multinationales – plus nombreuses qu’en Allemagne – sont actuellement en capacité de faire face aux défis de la globalisation. Mais elles ne sont pas assez impliquées dans la construction de partenariat de longue durée avec les PME industrielles, qui pourraient pourtant être des vecteurs d’innovation technologique de première importance. Bien entendu, un environnement plus favorable à l’industrie et à l’entrepreunariat devrait être un élément clé d’une politique industrielle rénovée.

La mise en place d’un programme spécifique du Programme commun de recherche et développement (PCRD) européen sur les PME/ETI :

Il nous faut promouvoir la mise en place un programme européen spécialement destiné aux PME innovantes.

L’Europe ne saurait survivre en tant que puissance industrielle mondiale sans un tissu très vivace de PEI et tout spécialement de PEI de croissance. Une solution évidente consisterait à créer au sein du PCRD un programme spécifique consacré à l’innovation dans les PME ; il s’élèverait à 20 % environ du PCRD.

Une (re)capitalisation des PME industrielles françaises :

Le problème historique de sous-capitalisation des PME industrielles françaises doit être pris en charge par la montée en puissance d’une banque publique d’investissement (BPI) – regroupant les moyens de la Caisse des dépôts et le Fonds stratégique d’investissement. La BPI financerait les PME innovantes et prendrait des participations permettant de structurer les filières d’avenir. La CDC Entreprises (filiale du groupe Caisse des dépôts) finance ainsi déjà environ 2 500 entreprises, dont plus de 300 entreprises nouvelles en 2009.

Quant au Fonds stratégique d’investissement (FSI), les investissements décidés en 2010 et les fonds qu’il finance ont concerné 426 entreprises, pour un montant total de 2,4 milliards d’euros. Ces premiers pas doivent être puissamment amplifiés, et accompagnés de mesures complémentaires.

Notre industrie, pour rebondir, doit également investir massivement dans les nouvelles technologies et ne saurait laisser passer le train des secteurs d’avenir tels que les nanotechnologies, la biochimie, la biotechnologie, le numérique (logiciel, électronique), ou encore l’éco-industrie.

Une réorientation de la formation des élites :

Ainsi une réorientation de la formation des élites du pays vers la recherche et l’industrie devrait être engagée, en particulier des jeunes ingénieurs, aujourd’hui trop dirigés vers les métiers de la finance et de la banque. Les jeunes diplômés des grandes écoles et les doctorants doivent être encouragés et soutenus afin que se multiplient les startups, qui sont les laboratoires de l’innovation de demain.

On dénombre 3 fois moins de créations de startups en France par rapport aux Etats-Unis, mais aussi 2 fois moins de brevets déposés. Un « brain drain » interne à l’économie française et un soutien aux jeunes entrepreneurs aurait un puissant effet d’entraînement sur nos PME industrielles.

Une simplification de la législation sociale et fiscale, respectueuse des droits des salariés, pourrait également être menée afin qu’elle soit plus favorable à la prise de risques et à l’investissement dans les PME industrielles.

Plus généralement, par un environnement favorable aux PME innovantes

On sait que les PME innovantes sont par nature particulièrement fragiles ; elles ont donc absolument besoin, pour basculer d’un échec possible vers une brillante réussite, d’un environnement qui comprenne leurs problèmes et soit capable de leur apporter toutes les ressources nécessaires.

Ce qui signifie une réglementation favorable (et très largement simplifiée au démarrage, un système financier qui s’organise pour maîtriser les risques de l’innovation (et en tirer profit), une expertise largement diversifiée (technologique, juridique, études de marché…) et qui sache dialoguer avec les PME.

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