Que rajouter à ce qui a été dit et répété mille fois dans les médias et sur les réseaux sociaux, à propos de cette pandémie aussi brutale qu’inattendue?
Peut-être un mot sur les rapports complexes entre scientifiques, sachants médicaux et décideurs politiques.

Toute la journée, nous apprenons les positions souvent tranchées de l’OMS, des professeurs de virologie les plus éminents et même de l’Académie de médecine.
Le problème, c’est d’abord qu’ils ne disent pas toujours la même chose, ni dans le temps ni ensemble.
Et quand ils sont réunis en collectif pour conseiller le Président ou le Premier Ministre, les réponses apportées sont tellement balancées par des avis divers, que finissent par se prendre des décisions inexplicables: le maintien du 1er tour des municipales puis l’annulation du 2ème tour, trois jours plus tard.
Le problème, c’est aussi que leurs préceptes ne peuvent pas toujours s’appliquer hic et nunc, tout simplement parce-que l’intendance (les masques, les tests, les sur-blouses, les anti-viraux,…) ne suit pas.

Quand les avis sont unanimes (revendication forte et répétée de tous les soignants depuis des mois et des mois sur le manque de moyens humains et financiers de l’hôpital public), là il faut suivre et agir!
Mais quand les avis divergent, à force de mettre en avant la seule parole des scientifiques et médecins, on rend la tâche des politiques très difficile.
Les contorsions infinies pour slalomer entre positions diverses voire contradictoires, les rappels à la prudence répétés comme autant de vertus pour mieux cacher un manque évident d’anticipation, finissent par rendre la communication gouvernementale moins performante, pour ne pas dire un brin suspecte.

En période de guerre ou de crise aiguë, il est heureux qu’il y ait eu dans nos pays des politiques qui tranchent et définissent des stratégies.
Ainsi de la 2ème guerre mondiale avec de Gaulle et Churchill.
Ainsi de la fin de la guerre d’Algérie,…
Et même en temps de paix, les grandes décisions ont toujours été prises par les politiques: la construction des centrales nucléaires, le passage du franc à l’euro,…en dépit de points de vue d’experts fort contrastés sur ces sujets.

On l’observe dans tous les domaines.
Il y a souvent autant d’avis sur les perspectives économiques que d’économistes, de conseils en matière de relations internationales que de diplomates.
Il faut tout entendre…et finalement décider. C’est le rôle des politiques et c’est la noblesse de leur responsabilité.

On ne peut me suspecter de soutien politique au Premier Ministre. Mais je dois dire qu’à mes yeux, c’est Édouard Philippe qui a le mieux saisi la situation.
Pas d’emphase, pas d’arrogance, pas de certitude absolue, pas d’attitude martiale. Il n’est ni médecin, ni spécialiste des temps de crise. Mais il décide en disant simplement pourquoi et comment il le fait.