Robert Badinter a toujours eu pour moi une place singulière dans le monde politique.
Plus que d’autres, par son parcours et son intelligence bien sûr, mais aussi par son courage et son engagement personnel, il restera pour moi une figure exceptionnelle, celle de la France que j’aime, généreuse et pleinement républicaine.Son dernier ouvrage qui retrace le destin de sa grand-mère maternelle, Idiss, m’a profondément ému.
L’ancien Garde des Sceaux et ancien président du Conseil Constitutionnel nous fait plonger dans ce monde, originaire du Yiddisland en Bessarabie, fuyant l’empire tsariste pour se réfugier à Paris en 1912.
Idiss y vit les plus belles années de sa vie avant d’être rattrapée par les affres de la guerre et du nazisme.
Elle découvre un pays, la France, capable de « se diviser pour le sort d’un petit capitaine juif » et où « la culture, la connaissance et l’école ont transformé tous les étrangers, en particulier ces enfants débarqués d’Europe centrale, en citoyens de la République ».

« J’emporte avec moi un monde mort… Ce livre, témoignage d’amour de son petit-fils, est le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. »