Comment ne pas être impressionné par ce travail de Michaël Fœssel sur l’année 1938, l’année des accords de Munich et de la supposée faiblesse des démocraties, au moment où nos pays redécouvrent « la radicalisation conservatrice du discours camouflée par une idéologie post partisane, le triomphe des solutions libérales en pleine crise du libéralisme économique, la perception des procédures démocratiques comme un obstacle à la mise en œuvre d’une politique efficace, le renforcement inexorable du pouvoir exécutif, la multiplication des lois sécuritaires, les restrictions dans la politique d’accueil des réfugiés, la stigmatisation d’une minorité religieuse à la faveur d’une guerre officiellement déclarée contre ses membres les plus fanatiques? Le tout sur le fond d’une montée apparemment irrésistible des nationalistes rebaptisés populistes sans que cette nouvelle appellation nous éclaire beaucoup dans l’intelligibilité du phénomène.
Le détour par 1938 permet de voir en accéléré une démocratie qui prétend se défendre en empruntant les armes de ses adversaires les plus acharnés ».

Il est stupéfiant de noter que ce sont les mêmes qui en moins de 2 ans, quasiment en même temps au regard de l’histoire, ont soutenu le Front Populaire et Léon Blum puis décidé la répression des occupations d’usines et des grèves, la fin de la semaine des deux « dimanches », les facilités données au licenciement, mais aussi les mesures sur la « police des étrangers », l’accélération de la procédure de déchéance de nationalité, le report des élections législatives…
Le régime de Vichy se contentera de puiser au cours des premières années de son exercice dans la série de décrets-lois adoptés par les gouvernements Daladier et Reynaud ».

« L’analogie est une manière de mettre en garde contre la récidive tout en gardant raison, en respectant la différence des temps ».
L’intention profonde de « Récidive » n’est pas de convaincre d’une répétition de l’histoire. Elle est de permettre de comprendre notre monde contemporain, instruit des leçons d’hier.
Liberté et égalité ont triomphé au cours d’un combat sans merci. Il n’est pas vain de redécouvrir notre histoire.