Dans un entretien consacré aux personnalités ayant marqué leur temps au plan municipal, FRANCE 3 national m’a permis de revenir sur l’action d’Hubert Dubedout qui fut maire de Grenoble de 1965 à 1983. 

Élégant, pouvant apparaître un peu distant aux yeux de certains, il était surtout profondément humaniste, dans un subtil mélange de pudeur et de générosité.
Il restera un marqueur des années 60 et 70, un exemple de modernité des politiques publiques urbaines.
Plus qu’un bilan quantitatif pourtant considérable (notamment dans la période olympique), je préfère retenir aujourd’hui un état d’esprit et une méthode.
L’état d’esprit, c’était d’abord l’ouverture aux autres et à l’innovation. Une attitude intellectuelle curieuse de tout, accueillante à l’imagination, prête à relever les défis, rétive aux replis identitaires, aux conservatismes et aux logiques d’appareil.
La méthode, c’était celle de la décision concertée, tant au sein de l’équipe municipale qu’avec les associations. Cela ne l’empêchait d’ailleurs pas de rappeler que la noblesse de la politique résidait dans la capacité à prendre des décisions dans l’intérêt général, qui n’est pas forcément l’intérêt du moment…

Et puis, je n’ai pu cacher qu’il fut un élément fort de mon propre destin politique.
Comment oublier en effet cette soirée quelque peu magique de l’été 1983 où de la terrasse du refuge d’Argentière, nous contemplions intensément, dans notre passion partagée de la montagne, toutes ces faces Nord qui couraient devant nos yeux, les Drus, la Verte, les Droites, les Courtes…? Oui, comment oublier ce moment privilégié où Hubert me faisait promettre de m’engager à reconquérir la mairie de Grenoble perdue quelques mois plus tôt?