Grâce à l’intervention de mon ami Hervé Gouyet, président d’Electriciens sans frontières, j’ai pu assister à la 4ème Conférence nationale humanitaire où la France, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a réaffirmé son engagement sur la scène internationale au service de la solidarité, de la dignité humaine et du droit international humanitaire.

À cette occasion, j’ai entendu et croisé beaucoup de responsables et de bénévoles qui n’ont pas toujours les honneurs des médias mais qui sont, à n’en pas douter, aussi les beaux visages de la France dans le monde.
Ils sont présents sur tous les théâtres d’opération difficiles, là où la guerre, la
misère et les cataclysmes en tous genres ont laissé des morsures indélébiles.

Comme je l’ai fait comme maire de Grenoble, en coopération avec Ouagadougou, comme je l’ai plaidé à l’Assemblée nationale ou à l’Agence Française du Développement, il ne faut pas opposer urgence et développement. On ne peut rester indifférent aux drames qui surviennent et qui visent souvent les pays déjà les plus démunis. Mais l’expérience nous enseigne qu’une action qui ne s’inscrirait pas en profondeur dans la durée serait vouée à l’échec et au ressentiment des populations.

La France restera fidèle à son histoire multi-séculaire des lumières quand elle affirmera sa capacité à imposer au monde de concilier progrès économique, solidarité sociale et protection de l’environnement.
Qu’on envoie nos troupes bouter les terroristes hors du Sahel est un engagement indispensable. Mais si, dans le même temps, pour reprendre une expression jupitérienne, on se montre incapable d’aider réellement et durablement les populations les plus pauvres du monde à avoir accès à l’eau, à l’alimentation, à l’électricité, aux soins de base et à la scolarisation des enfants, que vaudront nos interventions ?

Ici comme ailleurs, les déclarations généreuses seront jugées aussi à l’aune des engagements financiers.
Je n’ai pas craint de monter au créneau pour dire aux gouvernements de François Hollande que le compte n’y était pas en matière d’aide publique de la France au développement. Et je le dis aujourd’hui avec la même force.
Ce n’est pas seulement une marque de respect par rapport à des engagements électoraux. C’est l’avenir du monde et celui de l’humanité qui sont concrètement en jeu.

Je reviendrai dans quelque temps sur ce que j’ai décidé d’entreprendre dans ce domaine.
Puis-je dire simplement que j’ai eu plutôt de la chance dans ma vie? Aux plans familial, professionnel et politique.
Aussi, je me dois de consacrer désormais, tant que j’en ai encore la force, une part de mon énergie et de ma sensibilité « socialiste » à cette cause humaine qui me semble la plus noble.