Invité par Edwige Avice à intervenir devant les étudiants des Hautes Études Internationales et Politiques sur la perception que j’avais de l’Europe,
j’ai voulu témoigner de mon engagement européen forgé au long de mon parcours familial, professionnel et politique.

Ce fut l’occasion de rappeler à travers l’exemple de la branche maternelle de ma belle famille, d’origine lituanienne, les tragédies vécues par un peuple, petit par sa taille mais grand par son histoire: la Shoah et le Goulag !
Aujourd’hui, la Lituanie est membre de l’UE et de la zone euro. Elle a connu un développement considérable au cours des 25 dernières années.
C’est une « véritable promesse de l’aube » européenne pour reprendre le titre de ce célèbre roman autobiographique de Romain Gary, juif d’origine lituanienne.

Ce fut aussi l’occasion de rappeler tout ce que Grenoble devait à l’Europe et tout ce que l’Europe devait à Grenoble.
Centrant mon propos sur mon expérience professionnelle au CEA et à CORYS, ainsi que bien sûr à la tête de la ville de Grenoble, j’ai eu plaisir à souligner déjà  le caractère très européen de la sociologie grenobloise et tout ce que nous devons à l’arrivée des italiens, allemands, anglais, espagnols, portugais, grecs, polonais, russes…
J’ai bien sûr évoquer l’écosystème grenoblois, scientifique, technologique et universitaire qui a accueilli tant de chercheurs et d’étudiants européens. Nos grands instruments de recherche sont dirigés alternativement par des Allemands, des Anglais, des Italiens et des Français.
L’entreprise franco-italienne ST Microelectronics doit une grande partie du développement de sa recherche à l’aide européenne.
La Cité Scolaire Internationale pour les collégiens et les lycéens est venue en appui aux familles venus des 4 coins du monde et particulièrement d’Europe.
Notre coopération décentralisée avec l’Afrique a été grandement accompagnée par la Commission européenne.
Et la liste est longue de tous les programmes européens qui ont permis à Grenoble d’accroître son développement: environnement, innovation, économie sociale et solidaire, quartiers sensibles, accessibilité,…

L’Europe, c’est 7% de la population mondiale, 20% des terres habitées et 50% des richesses du globe.
Entre les USA de Trump, la Russie de Poutine et la Chine de plus en plus, elle reste pour le monde entier un espace envié, à condition qu’elle « aide à civiliser le monde » (selon l’expression de Pascal Lamy).
Et au-delà des États-Nations qui n’en finissent pas de douter de leur avenir commun, donnons donc en Europe aux territoires infra-étatiques un rôle stratégique d’avenir.
C’est une question de démocratie mais aussi d’efficacité: dans le monde, les pays où le chômage est le plus faible sont sans exception des pays développés, fédéraux et innovants. Créons donc cette promesse d’avenir pour l’Europe et pour notre planète !