En présence de sa famille de ses amis venus très nombreux et accueillis chaleureusement par Hervé Gouyet, président d’Electriciens Sans Frontières, Jean-Pierre Cerdan a reçu vendredi dernier des mains de François Ailleret, ancien Directeur général d’EDF, les insignes de Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur.
Manifestation émouvante où ont été retracés les moments forts de sa vie, son enfance à Oran dans une famille aimante, avec deux parents instituteurs porteurs de valeurs fortes, sa scolarité brillante, son entrée à EDF où il prit de grandes responsabilités, et plus récemment le secrétariat général d’Electriciens Sans Frontières.

Comment ne pas évoquer aussi les relations complices, fidèles et affectueuses qui nous unissent depuis notre première rencontre ?
C’était en 1968, l’année de tous les espoirs, de toutes les utopies, l’année où nous nous sommes connus, sur les bancs des Arts et Métiers. Plus intéressés par la révolution et les grandes idées que par les cours en amphi !
Il fallait cependant choisir une spécialisation. L’avenir s’ouvrait sur le nucléaire. Nous optâmes avec Jean-Pierre pour le génie atomique. Restait à choisir le lieu : Saclay ou Grenoble ?

Grenoble venait d’organiser en février les JO, un événement fabuleux !
Il n’y avait pas photo et nous voilà à Grenoble, partis pour tout savoir sur la physique des réacteurs.
Une année folle partagée entre la neutronique, la montagne, l’UGE (la branche grandes écoles de l’UNEF), la politique dans le sillage de Michel Rocard,…et Yvette et Marie, qui sont devenues nos épouses.
Nuits courtes, virées folles en voiture sur les routes de montagne, vers Paris ou la méditerranée…
Une amitié forte s’est alors nouée.

Nos vies se sont poursuivies avec une complicité entretenue professionnellement, politiquement, et surtout familialement, malgré les aléas de la vie, les distances géographiques des uns et des autres, présents sur tous les continents.  Je suis devenu le parrain d’Emmanuel, le second fils de Jean-Pierre et Yvette. Parrain peu présent mais essayant tout de même de distraire ici et là quelques jours pour une course en montagne comme au Nadelhorn ou au Lagginhorn, ou pour accueillir Sophie et la nouvelle génération avec Jean. Des moments rares, précieux.

Dire que Jean-Pierre est un ami peut paraître fade.
Qu’il m’ait gardé si proche dans son cœur et dans sa tête, malgré mon parcours de vie, disons un peu fou, reste pour moi un superbe cadeau.
Je le dois à sa fidélité et à son intelligence éclectique, prêt à s’intéresser à tout et à tous.
Et puis et surtout, je le dois, comme beaucoup, à son immense générosité, à sa générosité que je qualifierai de solaire. Une générosité qui communique l’envie de s’engager.
Jean-Pierre, c’est au fond le beau visage de la République, la République qui a su l’honorer pour un parcours si remarquable !