Quelques jours après les fêtes de Noël, je souhaitais vous faire partager un extrait de mon livre Ma passion pour Grenoble, dans lequel je revenais sur un épisode particulièrement marquant de mon parcours, celui de pouvoir assister à la cérémonie de Noël à Bethléem. C’était en 2013.

 

Noël à Bethléem
L’année 2013 aura été riche en émotions et découvertes.
En effet, après Yangzhou au mois de juin, je passai Noël à
Bethléem.
J’avais voulu partager ce voyage avec mes deux directeurs
généraux en cette fin de mandat municipal: le directeur géné-
ral des services de la ville de Grenoble, Gilles du Chaffaut, et
le directeur général de l’AMGVF, Christian Lalu, qui était
accompagné de son épouse, Sophie. Marie, qui devait être
des nôtres, est finalement restée à Grenoble pour accueillir
enfants et petits-enfants, certains venant de loin.
En ce mardi soir 24 décembre 2013, de très nombreuses
personnes et personnalités, venues de tous les continents,
se pressaient aux abords de la basilique de la Nativité de
Bethléem dès 22 heures 30, pour une cérémonie qui nous
mènera jusqu’à 2 heures 30 du matin.
Instant de grande émotion en pénétrant dans le chœur
de cette église, si souvent filmée, avec les représentants
diplomatiques de la France, de l’Italie, de l’Espagne et de
la Belgique. Le président Mahmoud Abbas, son Premier
ministre, de nombreux ministres, Vera Baboun, maire de
Bethléem, étaient là, bien sûr, pour participer, dans cette nef
pleine à craquer, à la messe de la nativité. Moment magique
que je désirais tellement vivre une fois dans ma vie, dans cette
ville biblique jumelée avec Grenoble! Très belle cérémonie
présidée par Fouad Twai, patriarche latin de Jérusalem, qui
nous gratifia d’une homélie particulièrement prenante :
« De la grotte de Bethléem, je vous présente mes meilleurs
vœux de joie et de paix.
«La nuit de Noël a été dramatique pour la Sainte
Famille, qui n’a pas trouvé de place dans l’auberge. Cette
nuit historique nous rappelle la longue nuit dans laquelle
sont plongés notre monde et notre Moyen-Orient. Une
longue nuit de conflits, de guerres, de destruction, de peurs,
de haine, de racisme.
«De ce lieu saint, nous nous rappelons tous les drames
de l’humanité sur les cinq continents: des guerres civiles en
Afrique au typhon aux Philippines, en passant par la situation
difficile en Égypte et en Irak et la tragédie syrienne,
sans oublier nos problèmes locaux, les prisonniers, leurs
familles qui gardent toujours l’espoir de leur libération, les
pauvres qui ont perdu leurs terres et leurs maisons démolies,
les familles qui attendent d’être réunies, les chômeurs et tous
ceux qui souffrent de la crise économique.
«Enfants de Bethléem, nous sommes fatigués… mais il
ne faut jamais céder au désespoir… La justice, la paix et la
réconciliation viendront. De Bethléem est parti le message
du Salut, et c’est vers Bethléem que nous devons regarder…
pour une paix qui redonne la vie car personne n’est
autorisé à la voler au nom d’un Dieu qui tue et qui rend
vengeance… Que tous les peuples qui vivent en Palestine,
en Israël, en Jordanie, au Moyen-Orient deviennent tous
frères, fils d’un seul Père ! »
Il y a des nuits plus belles que d’autres. J’ai vécu en cette
nuit un des plus intenses moments de ma vie.
Le lendemain, nous étions à Jérusalem sur l’esplanade
des Mosquées puis au Mur des lamentations d’où j’envoyai
un message affectueux à Edwige Elkaïm, qui présidait
le CRIF Grenoble Dauphiné et qui devait nous quitter
quelques mois plus tard.