Cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite à Jean-Paul Angot à la Préfecture de l’Isère.

Cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite à Jean-Paul Angot à la Préfecture de l’Isère.

Il est une structure qui est chère aux Grenoblois, la MC2. À sa tête, Jean-Paul Angot. La carrière de cet homme a ceci de beau qu’elle est portée par une passion, celle pour la Culture.

On peut dire que, comme moi, Jean-Paul Angot est un heureux « dérouté » de sa prédestination initiale. En effet tous deux avons été ingénieurs des Arts et Métiers et tous deux avons fait le choix du partage avec les autres, pour les autres.

À la veille de l’été, dans les salons de la Préfecture de l’Isère, se tenait la cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite à Jean-Paul Angot par Jean-François Carenco, Préfet d’Île-de-France et ancien Préfet de la région Rhône-Alpes. Cette distinction vient saluer la très grande élégance de sa carrière et de son engagement personnel.

La Maison de la Culture de Grenoble a représenté pour moi un chapitre à part de mon implication dans le développement de la culture à Grenoble. Elle avait été inaugurée en février 68, durant ces années où dans toute la France les maisons de la culture fleurissaient. Même si cela a pris un peu de temps et que les débats ont été parfois mouvementés, j’ai tenu à mon arrivée à la mairie en 1995 à ce que cette belle infrastructure grenobloise soit requalifiée en un espace pluridisciplinaire qui inclurait la danse, la musique et le théâtre, les trois piliers du spectacle vivant.

L’architecte Antoine Stinco eut la tâche d’orchestrer un chantier visant à construire de nouveaux espaces, avec ce souci permanent de respecter la cohérence de l’édifice originel, conservant cette nef noire et blanche qui lui a valu le surnom de « Cargo ». En 2004, Jean-Paul Angot, alors directeur-adjoint auprès de Michel Orier, était présent, à nos côtés, pour l’inauguration particulièrement marquante du nouvel établissement renommé MC2. Dès janvier 2013, après une parenthèse notamment chambérienne à la tête de l’Espace Malraux, Jean-Paul Angot assumait brillamment la charge de directeur de la MC2, cette « grande maison, porteuse de grands projets » pour reprendre ses mots, qu’il s’est appliqué à porter à une échelle européenne.

Cette grande maison qui a été conçue pour être un lieu qui rassemble, un espace de rencontre, rythme désormais la vie des Grenoblois et fait partie de l’identité culturelle de Grenoble. Elle porte une charge symbolique et est devenue la figure de proue du rayonnement culturel de la ville.

Au fond, Jean-Paul Angot, au-delà de son action ciblée pour la MC2, a su contribuer à cette mission essentielle qui consiste à offrir à chacun la découverte de la diversité et de l’excellence de la culture. Une culture par tous, pour tous, contribuant à donner un cœur et une âme à une ville d’exception. Cette mission mérite le soutien de tous les acteurs locaux, car la culture demeure le terreau incontournable d’une grande politique de solidarité, qui permet de donner un sens à nos vies, une émotion collective à nos rassemblements, une éducation au beau, une ouverture aux diversités culturelles du monde, des autres.

Comme disait Rodin, « l’art, c’est la plus sublime mission de l’homme puisque c’est l’exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre ». C’est une belle et essentielle ambition que l’action politique se doit de porter à tous les niveaux, surtout en période de crise. Cette source d’espérance partagée, d’attractivité économique et de rayonnement très au-delà de notre territoire ne peut plier sous les choix d’une idéologie masquée par une logique comptable. Car aujourd’hui la municipalité abîme la Culture et l’image de notre ville en supprimant nombre de subventions et en abandonnant beaucoup d’acteurs de ce milieu qui nécessite pourtant la plus grande des attentions. Cette absence de vision et de volonté risque d’affaiblir la longue tradition de rayonnement culturel de Grenoble et, comme on a déjà pu le constater à plusieurs reprises, d’entraîner le désengagement de nombreuses autres collectivités.